A quoi (jeu de mots) – Version corrigée et « enrichie »

Je m’appelle Yann Nimentrix Guerant et depuis la rentrée je participe régulièrement à l’atelier d’écriture de Bricabook. Le principe de l’atelier est simple : chaque semaine Leiloona met en ligne une photo le mercredi et chacun peut laisser son imagination vagabonder jusqu’au dimanche soir et proposer un texte qui sera publié le lundi suivant. Tout allait pour le mieux jusqu’à ce week-end où j’ai voulu vous narrer l’incroyable histoire de Noah Moses…

Préface : le neuvième texte

J’ai écrit huit histoires pour l’atelier que vous pouvez découvrir ici. Ce que vous lisez actuellement est le neuvième texte. Le 9 a une symbolique particulière en numérologie, il symbolise la fin d’un cycle. C’est aussi le symbole de  l’altruisme, du dévouement, de la sensibilité, de la compassion, de la générosité. Autant de qualificatif qui définissent bien la personnalité de Noah Moses, ce « héros » auquel j’ai voulu rendre hommage dans la courte histoire que vous allez découvrir ici.

Quand j’ai vu la photo postée par Leiloona,  j’ai immédiatement pensé à Noah Moses, à son incroyable histoire que les médias nous ont longuement narrée. Une histoire « officielle », formatée, un message d’espoir créée pour vous arracher quelques larmes et vous faire espérer en des jours meilleurs grâce à l’incroyable don d’une seule personne. J’ai eu la chance de rencontrer Noah un soir où je traînais sur une des mes plages favorites, les yeux perdus dans les étoiles. C’était peu de temps avant le Grand Départ.

Tout le monde connaît Noah Moses, ce qu’il a fait pour nous est tout simplement incroyable…
En écrivant ce neuvième texte, j’ai donc voulu lui rendre hommage et raconter sa version de l’histoire… et j’ai échoué. J’ai « pondu » un texte assez quelconque que vous pourrez découvrir dans quelques paragraphes, et quand j’ai posté le stylo, j’étais furieux d’être passé à côté de mon sujet… La Louve qui partage ma vie a posé sur moi un long regard interrogateur (oui, je vis en compagnie d’une Louve, dans une forêt multidimensionnelle, mais ceci est une autre histoire que je vous conterais peut-être plus tard). 

«Mais que t’arrive-t-il ? Pourquoi réagis-tu comme ça, qu’est-ce qui ne va pas ?» Je crois qu’il n’existe pas de regard plus perçant que celui de cet animal…. J’étais incapable de lui répondre, mais j’avais l’impression d’avoir trahi Noah en oubliant de citer son nom, même si je me doutais bien que les gens avait fait le rapprochement… Avec mon goût pour la provocation, je n’ai pas pu m’empêcher quelques sous entendus sur ses préférences amoureuses… En lisant les premiers commentaires, j’ai été – agréablement –  surpris. Peut-être avais-je été un peu dur avec moi-même… J’ai effectué quelques corrections qui me semblaient nécessaires  Mais je vous laisse être seul(e) juge en lisant ce qui suit…

A Quoi ? (jeu de mots), l’histoire…

Copyrigtht maman Baobab
Copyright maman Baobab

Noah regardait les images défiler devant lui : des jeunes hommes jouant au bord de la mer, plongeant, se frôlant, se poussant dans l’eau, s’empêchant de remonter sur le plongeoir. Il passait de nombreuses heures à visionner leurs jeux innocents. A chaque fois, des bulles de souvenirs remontaient à la surface…

A cette époque, il aurait aimé prendre part à leurs jeux, mais sa mère le lui avait formellement interdit. Elle lui expliquait qu’il n’était pas normal, qu’il ne fallait surtout pas, qu’il devait contrôler ses émotions, ses pulsions ou sinon… En écoutant les mises en garde de sa mère, il avait alors ressenti une terrible détresse. Cette envie irrépressible, ce désir, cette passion infinie qui le consumait, il ne pouvait se résigner à la faire taire..

Il avait suffi d’un regard, d’un contact avec sa peau, son parfum, son goût sur ses lèvres, sa chaleur pour que sa vie bascule à tout jamais, sans avoir conscience des inimaginables conséquences.

Ils devaient se voir en cachette, personne ne devait le savoir et surtout pas sa mère…
Noah n’oublierait jamais cette nuit où il s’était offert, entièrement nu. Il s’était senti porté, possédé, comblé, enfin complet. Comme si une partie d’ELLE était en lui, qu’ELLE était son origine, qu’ELLE lui donnait sa force, sa fraîcheur, sa douceur, sa vigueur, sa vitalité, son essence. Il était resté de longues heures baigné dans cet étrange état, à la limite du rêve et de la réalité, à la limite des mondes. Il n’avait pas la moindre idée alors de ce que son acte signifiait, des incroyables répercussions que cet acte d’amour allait entraîner…

Sa mère veillait au grain, elle sentait bien que quelque chose avait changé en lui. Elle aurait voulu remonter à la source, mais elle savait qu’elle était la seule responsable. Une terrible vérité qui la rendait un peu amère…

Dix neuf ans plus tôt, elle était enceinte et avait répondu à cette étrange annonce. Elle était seule, ses revenus ne lui permettaient pas de garder l’enfant. Elle avait soif de sa présence. Elle l’imaginait baignant dans son liquide amniotique, souriant, attentif aux contes qu’elle lui racontait chaque soir, les mains posées sur son ventre. Des histoires d’explorateurs, d’êtres mythiques soufflant sur des fleurs de pissenlit étoilées qui ensemençaient notre galaxie… Ils l’avaient contactée quelques jours après. Elle avait accepté leur incroyable proposition, et la rondelette somme d’argent. Depuis le jour où elle avait perdu les eaux, elle avait tenté de le protéger, de reculer l’échéance, qui, elle le savait, pourrait lui être fatale.

Noah avait tenté de rester éloigné d’elle, mais il suffisait qu’il la croise du regard pour sentir son appel irrésistible… Et, chaque nuit malgré la surveillance de sa mère, il la rejoignait pour ressentir un état d’extase, une osmose. Il en avait finalement parlé à un de ses rares amis. Il savait qu’avec lui le secret serait bien gardé.
« Quand tu en parles, on dirait presque que tu fais l’amour avec la mer.
– Je ne fais pas l’amour, ELLE… Je ne saurais t’expliquer, quand je plonge en ELLE, c’est une incroyable sensation. A quoi bon…
– A Quoi ? Aqua ? Elle est bien bonne celle là… » Il souriait au jeu de mots de son ami. C’était la dernière fois qu’ils se parlaient.

Ils vinrent le chercher le lendemain. Sa mère ouvrit la porte et l’homme rencontré voilà 19 ans se tenait devant elle. Elle appela Noah et partit s’enfermer dans sa chambre avec un océan de larmes dans ses yeux.

Ils lui expliquèrent qu’ils travaillaient pour le gouvernement. Lui et d’autres enfants avaient été les sujets d’une expérience. Ils ne lui révélèrent pas à cet instant qu’il était le dernier survivant, que tous les autres sujets avaient péri, engloutis lors d’un « contact » avec ELLE, qu’ils avaient retrouvé leurs corps échoués, gonflés comme d’étranges ballons de baudruche sur une des plages de la côte.

Ils l’emmenèrent en hélicoptère.  Le soleil se levait à peine lorsqu’ils le déposèrent au milieu du désert, au fond d’une gigantesque crevasse, vestige d’un lac disparu depuis des millions d’années.  Ils l’abandonnèrent là, sans un mot, sans vivres. Les heures passèrent et la chaleur devint rapidement insupportable. Il ne songea même pas à aller s’abriter à l’ombre des gigantesques falaises qui entouraient la crevasse, il savait que ça ne ferait que reculer de quelques heures la venue d’une mort certaine.

Et il pensa à ELLE, il avait besoin de sa fraîcheur, de son contact sur sa peau, de cette incroyable sensation de lâcher prise quand il se laissait porter par elle. Au début, il crut que c’était de la sueur, une sudation très intense. Mais c’était différent. Le sol autour de lui devenait humide. Il ne comprenait pas ce qui se passait…

Homme fontaine… ELLE était en lui, il était en ELLE. Il lui suffisait juste de s’ouvrir à ce sentiment de plénitude, de laisser la connexion s’opérer, juste de laisser faire… Retrouver sa mère, la Mère, LA MER.

Durant leurs observations, les scientifiques ne réussirent jamais à comprendre si c’est lui qui produisait l’eau ou si ELLE se synthétisait automatiquement autour de lui. Des tonnes d’eau semblaient jaillir automatiquement sous ses pieds. Quelques minutes plus tard, le lac était à nouveau présent. C’était comme s’il baignait à nouveau dans le liquide amniotique. Il pouvait entendre la voix qui lui parlait des semeurs de mondes.

Plus tard, ils expliquèrent à Noah Moses que son pouvoir était vital pour la survie de l’humanité. Comme s’ils avaient besoin de justifier la mort de centaines d’enfants victimes de leur « expérience ». La fin justifie les moyens, sauf que là ce n’était pas la fin, c’était la soif.
Il n’avait pas besoin de leurs explications, de leurs justifications, il utiliserait son pouvoir, avec ou sans leur permission. Il créa des lacs au Sahel, en Ethiopie et dans divers lieux sur chaque continent…

Noah savait bien qu’ils n’en auraient jamais assez, qu’ils le presseraient, l’essoreraient jusqu’à la dernière goutte. Il s’en moquait. A chaque fois, le processus était à la fois une mort et une renaissance : perdre ses eaux, risquer ses os pour finalement plonger dans un océan de plénitude.

Ils lui parlèrent enfin du Grand Départ, le projet qui était à l’origine du lancement de l’expérience. Vingt ans après, tout était prêt, le carburant, les vivres, la logistique. Il embarqua seul dans le vaisseau. Sur l’écran, il regardait régulièrement la sphère bleue s’éloigner. Pour rester connecté avec ELLE, il avait emmené de nombreuses vidéos où elle était présente. Il passait des jours, des semaines, des mois à visionner sa MER alors que progressivement, le vaisseau se rapprochait de la petite planète rouge…

Photo © maman Baobab
Texte © Nimentrix

Postface : Discussion sur le chemin

J’avais à peine fini de lire le texte à ma louve quand la question fusa : 

« Mais qu’est-il arrivé après ?
– Après ?
– Quand il est arrivé sur Mars. A-t-il créé des lacs ou des océans sur la planète ? Est-ce que ça a rendu l’atmosphère respirable ? Ont-ils envoyé un vaisseau pour le récupérer ? » 

@NoahMoses : Salut !
@Yann : Bonjour ! LOL je m’aperçois de l’absurdité de mon bonjour, pour le pilote d’une arche perdue au milieu de l’espace…
@NoahMoses : L’arche de Noah 😉 J’ai reçu la dernière version de ton texte. Elle me plait bien, mais la précédente n’était pas si mal, aussi… Tu as parlé de l’essentiel, ma relation avec ELLE, tous ces enfants sacrifiés… Et j’aime bien l’image de l’homme fontaine 😉
@Yann : Ma Louve imaginait que tu étais déjà arrivé, elle me demandait comment tu t’y étais pris pour terraformer Mars 😉 Tu te rapproches de ta destination finale, non ? (j’ai vu que le temps d’attente entre chaque réception de msg est devenu plus long)
@NoahMoses : Elle met la charrue avant les boeufs, ta louve 😉 Je ne suis plus qu’à un mois de Mars… Le temps semble un peu long parfois 😉
@Yann : tu devrais t’ouvrir un compte sur Twitter et Facebook, les notifications et messages t’occuperaient une bonne partie du temps 😉
@NoahMoses : Oui mais je ne suis pas certains qu' »ils » seraient d’accord 😉 En plus ils n’ont certainement pas réellement apprécié comment j’ai détourné leur « Projet » de son intention initiale 😉 Je te laisse, petite ceinture d’astéroides en vue, ça risque d’être le black-out pour quelques heures 😉
@Yann : A plus 😉

Ce texte est ma neuvième participation à l’atelier d’écriture de Bricabook : chaque semaine Leiloona met en ligne une photo le mercredi, et vous avez jusqu’au dimanche suivant pour vous laisser inspirer et rédiger un texte. Vous pouvez consulter (et commenter) les autres textes participant à l’atelier.

N’hésitez pas à commenter le texte ci-dessous et à la partager s’il vous a plu 🙂

Vous pouvez aussi lire mes autres participations à l’atelier.

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Auteur : nimentrix

Explorateur d'imaginaires. Accro aux séries, la BD, la science-fiction, le fantastique, les comics et plein d'autres choses... Ecrit, un peu, beaucoup, passionnément, aussi ;-)

48 réflexions sur « A quoi (jeu de mots) – Version corrigée et « enrichie » »

  1. Ton texte produit une impression très étrange, avec tous les non-dits du début et cette expérience mystérieuse… Ca m’a un peu fait penser au roman « Auprès de moi toujours » de Kazuo Ishiguro, tu l’as lu ?

    1. Bonjour Ellettres et merci pour ton commentaire 🙂 Ce texte produit cette impression étrange parce qu’il est un peu bancal et inachevé 😉 Il a subi un « petit » lifting et je t’invite à repasser pour le (re-)découvrir avec un autre dimension 😉 A bientôt 🙂

  2. Pour l’instant je m’en fous du »lifting » annoncé,moi il m’a convaincu comme ça….Bien sûr je pense à « Dune »,bien sûr je nage dans le liquide amniotique,bien sûr je pense à cet être-source-jaillissante dont on va finir par extirper la dernière goutte d’eau….
    J’aime tes textes, tu me surprends à chaque fois et je te retourne ce que tu as dit à Leiloona : Quand?…..

    1. Bonjour Bénédicte et merci pour ton retour. Certains jours, il m’arrive en me relisant de ne pas être totalement satisfait de ce que j’écris et ça me fait un petit peu mal en pensant aux lecteurs auxquels j’impose cela 😉 Alors peut être que je fais un peu ma « Drama Queen » aujourd’hui, et pour éviter toute « déceptions » je laisserais les deux versions du texte en ligne 😉 Quant à me retourner la question que j’ai posé à Leiloona, je me cite « tes textes, qui me ramènent à ma modeste conditions d’humain balbutiant quelques mots insensés sur une feuille de papier. » En clair, je ne pense pas avoir son talent 🙂

    2. Pour rebondir sur Dune, l’idée du texte pour cet Atelier m’est venu en me rappelant du générique de fin du film de David Lynch… Je pourrais passer des heures à regarder les vagues avec la superbe musique de Toto qui les accompagne….

  3. A nous annoncer un texte « bancal », tu nous obliges à chercher des imperfections qui n’existent peut-être que pour toi… Moi, j’ai beaucoup aimé cette histoire d »hommes-fontaines » et le destin de ce garçon qui part pour Mars. Dans certains paragraphes, il y a un vrai travail d’orfèvre sur les mots.

    1. A voir vos réactions (qui me touchent) je pense que je devais avoir un trop haut niveau d’exigence ce week-end . J’ai failli appeler le texte « homme fontaine », le titre était accrocheur mais.. 😉 La version « éditée » du texte est plutôt une sorte de « version bonus » comme sur les DVD; ave un clin d’oeil au coté « meta » du précédent texte.

  4. Moi je continue à préferer le premier texte,peut-être parce qu’il est moins parfait et qu’il s’abrite moins derriere de la technique….
    Si je peux me permettre je suis heureuse que tu ais dans ta vie cette muse que tu appelles « Ma Louve »….

    1. Merci pour ton feedback Benedicte, je vais ajouter tout à l’heure le lien vers le texte précédent à la fin de l’article. Je suis un maniaque de la perfection et je pense que cette expérience va me servir de leçon et que désormais je laisserais plus aller le coté « brut de pomme » 😉

      Si je peux me permettre, je suis aussi très heureux (et chanceux) d’avoir rencontré « Ma Louve ». C’est un animal sauvage que j’ai nullement l’intention de dompter et je dois apprendre à faire comme elle et me fier à mon instinct 😉

  5. Je suis un peu perplexe. J’avais lu le premier texte à midi, je reviens ce soir pour commenter, et entre temps l’histoire s’est complexifiée. Je crois que je reviendrai encore demain, car là, je ne sais pas quoi écrire …

  6. Tu vois, en lisant les commentaires, « la leçon » serait d’apprendre à se faire confiance. La fréquence ultra rapide de cet atelier (une fois par semaine) nous oblige à ne pas être parfait (d’ailleurs, la perfection est chiante et monotone) … Combien de fois ai-je voulu supprimer mon texte, combien de fois m’en suis-je voulu de ne pas passer plus de temps sur mes écrits ? Mais je ne suis qu’une apprentie à cet atelier, en travail, toujours … On ne publie que très rarement des perles … d’ailleurs, même elles, je les préfère avec des irrégularités.

    Ton texte final ajoute du cachet, c’est vrai … il correspond plus à ta griffe de la semaine passée. Voici ma posologie pour la semaine prochaine : pour vous éviter des aigreurs d’estomac, limitez votre temps, comme dans certains ateliers. Un chrono sur deux heures … et au bout de celles-ci, le temps est terminée, mais vraiment terminé … deux heures qui comprennent le temps de rédaction et la digestion.

    C’est fou en tout cas où cette photo t’emmène, je suis pratiquement certaine qu’il y a là l’amorce d’un roman qu’il me plairait de lire (c’est dire, parce que je ne lis jamais de SF …)

    1. Bonsoir Leiloona.

      L’atelier est un lieu d’apprentissage. Je suis content de m’être « embourbé » cette semaine, parce que j’ai appris plein de choses sur moi et sur mon environnement. Je vais suivre le conseil de me limiter temporellement, démarche que j’avais lors des premiers ateliers auquel je participais.

      Mais il est vrai qu’au delà de l’atelier, j’écris quelquefois des textes qui pourrait être étoffé en nouvelles ou en roman. Au delà de l’exercice, je ne peux m’empêcher d’avoir l’impératif besoin de surprendre le lecteur.

      Le personnage de Noah Moses, me plait beaucoup, il me rappelle certains héros d’Orson Scott Card, et je pourrais en effet très bien en faire un héros de roman…

      1. Voilà. Le reste est une question de confiance, et je crois (pour suivre pas mal de blogs participants) que le tien est très vite entré dans la danse des blogs qui comptent pour l’atelier, non ? Regarde les commentaires, et fais confiance à tes lecteurs, c’est aussi (surtout ?) pour eux que tu écris …

        1. Je n’ai pas le moindre problème de confiance avec mes lecteurs et je suis particulièrement attentif à leur retours, vu que j’écris principalement pour les surprendre, pour créer chez eux l’attente d’un nouveau récit, une nouvelle histoire un « qu’est-ce qu’il va inventer cette fois ci ? »

        1. Nous sommes tous différents et c’est tant mieux 😉 Je ne suis pas un écrivain, je suis un conteur d’histoires. Et tu ne peux pas ignorer celui qui te lit ou t’écoute dans ces cas là, parce que sinon tu risque de le perdre en chemin. Et je ne perds les gens dans mes histoires que si je suis certain de les mener vers la sortie du labyrinthe 😉

  7. La lectrice que je suis (avec toutes ses imperfections et lacunes, malgré mes études) vient de comprendre à quel auteur tu me fais penser. Pour ta facilité déconcertante à être toujours à la lisière de deux mondes, à ces mots précis qui sèment le doute (ici le premier paragraphe est un exemple flagrant … dans quelle direction va-t-il mener la barque ?), à cette richesse aussi qui sème la narration, ici le champ lexical de l’eau omniprésent qui donne des indices au lecteur, sans les lui donner lors d’une première lecture (le principe réussi et complexe d’une bonne nouvelle à chute), aux différentes thématiques utilisées (on flirte avec différents mondes sans jamais trouver dans lequel nous sommes …) … Un véritable jeu labyrinthique (heureusement que je suis un peu Ariane sur les bords … mon fil m’aide toujours), un jeu sur les identités … Un vertige omniprésent mais bluffant aussi … pour ces raisons, je ne peux que penser à Borges.

  8. Je comprends que tu te sentes honoré par la comparaison(respect Borges!),mais toi tu es Nimentrix et je crois que je suis un peu amoureuse de ton univers!!……Pourquoi faudrait-il distinguer un écrivain d’un conteur?..Les deux racontent une histoire non? …Ce qui me frappe chez toi c’est le côté tres visuel de tes histoires qui les rapproche de la BD ou d’un scénario de film…..

    1. Mon écriture est très visuelle en effet et auditive quelquefois, héritage des contes. Je me définis comme un conteur : mes histoires je peut les imaginer aussi bien en nouvelle (et là je suis écrivain) ou en scénario (BD, Film ou animation). Sur Bricabook, je suis là en temps qu’ « auteur meta », car l’idée d’une véritable écriture numérique me plait, avec un mélange de textes et des autres medias. Si j’avais eu le temps, l’article « meta » aurait pu être accompagné de ma voix et de vidéos prise sur le vif.

    1. Bonjour Val.y’a minimum 3 ou 4 textes de l’atelier que j’envisage de développer sous forme de nouvelles, roman, BD ou autres : « Meta » (https://nimentrix.wordpress.com/2015/10/19/meta/), « Marché noir » (https://nimentrix.wordpress.com/2015/09/27/marche-noir/), « Plus dure sera la chute » https://nimentrix.wordpress.com/2015/10/01/plus-dure-sera-la-chute/, et « Livresque du metro » https://nimentrix.wordpress.com/2015/10/05/livresque-du-metro/ (d’ailleurs il se pourrait que le mystérieux personnage du métro revienne dans certains texte de l’atelier).
      Pour Noah Moses, y’a en effet de quoi faire un roman. Pour l’instant il est bloqué dans son champ d’astéroïdes mais il en sortira bien un jour 😉

  9. Merci j’ai enfin compris ce qu’était un « auteur meta »!…En dehors du fait que je me coucherais moins bête ce soir,je comprends beaucoup mieux ta façon d’aborder les photos et les éléments que tu ajoutes ou mélanges à ton texte….D’ou vient ce mot »meta »?….

    1. Je cite Wikipedia : Méta est un préfixe qui provient du grec μετά (meta) (après, au-delà de, avec). Il exprime, tout à la fois, la réflexion, le changement, la succession, le fait d’aller au-delà, à côté de, entre ou avec. Selon le contexte le préfixe équivaut au sens de profond (comme les métadonnées ou le métalangage), haut ou grand (comme méta-revue)..

      Il y a cette notion de métadonnées,très présente sur internet, et comme il se trouve que mon métier est très lié au web 😉

      Au delà de ça l’expression « auteur meta » est une création 100 % Nimentrix 😉 C’est commme cela que je définis ma manière de jouer avec un texte, des médias, les réseaux sociaux et de mettre l’auteur en scène (le processus de création du texte est inclus dans le texte). Sur wikipedia il est questions de métafictions. Y’a des sites qui parlent de tout ça mieux que moi 😉

  10. A propos du bernard l’hermite,sais-tu que lorsque le besoin de changer de coquille devient impératif,il sort de l’eau et se promène sur la plage à la recherche d’une coquille vide,en bon état si possible,il l’entoure de ses pinces pour la mesurer et si elle est trop grande pour lui il s’installe à côté et patiente….Et peu à peu un petit rassemblement de bernard l’hermite s’organise à ses côtés en formant une chaine par ordre décroissant,attendant,tranquille,qu’un bernard l’hermite de bonne taille s’empare de la grosse coquille et abandonne la sienne…..Et hop,tout le monde se déshabille par ordre de taille et chacun repart avec sa nouvelle maison!!…
    Chouette non?…
    C’est cadeau pour les explications sur « meta »!!!……

    1. Merci beaucoup Bénédicte pour cette explication sur les « changements de coquille », cela pourrait bine m’inspirer une histoire un jour où l’autre, si c’est le cas je t’y glisserait en cameo 😉

  11. Ton introduction m’a autant passionné que ton texte enrichi de la semaine. Ton univers est complètement hors norme et accessible aussi, je ne m’en lasse pas.

  12. Chapeau pour cet embryon de dystopie : on y est à fond ! Et en effet, on en voudrait plus dans un objet relié, si tu vois à quoi je fais référence 🙂

  13. Comme je découvrais ton blog hier avec Impératrice et que ce texte m’avait frappé j’ai eu envie de lire les précédentes participations… le temps étant limité je le remonte petit à petit…1 page par jour cela me laisse 9 jours de plaisir…
    Ce Noé- Moïse me conforte dans l’ idée :cette lecture est un plaisir.

    1. Bonjour trezjosette2 😉 Et merci pour tes retours qui me touchent beaucoup ! Ah tu remontes vers mes début, les deux premiers textes seront un peu plus sages, j’ai pris de l’assurance progressivement mais y’a toujours des surprises 😉
      Ce texte sera peut-être un jour développé en nouvelle, novella ou roman parce que j’ai plein de choses à dire sur Noé – Moïse 😉 … Bonne balade alors le prochain texte (« meta » est… comment dire… tu verras 😉

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