124, par tous les temps…

Je ne suis pas un numéro !

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124…

Le chiffre écrit en doré sur un fond rouge est accroché sur le mur fissuré. Devant lui, le portail vert était déjà ouvert, il ne doit pas être le premier. Il voudrait reprendre son souffle, calmer un peu son coeur qui frappe fort dans sa poitrine, mais il sait bien qu’il n’a pas le temps. Avancer, en observant le moindre indice, il sait que s’arrêter pourrait lui être fatal. Sur sa droite, au-dessus d’un mur grisâtre, il aperçoit une gouttière. Il peut peut-être y accéder en sautant. La fleur rose sur le coté gauche aurait du attirer son attention : un homme se tient là, dans un renfoncement du mur et se précipite vers lui…

A…

124…

Se plaquer contre le mur, sentir le relief du numéro dans son dos. Donner un coup de pied dans le portail vert : surprendre l’homme caché dans le renfoncement avec le grincement du portail. Profiter de la diversion pour asséner des coups précis sur les points vitaux. Ramasser l’arme. Sauter pour s’accrocher au mur. Grimper jusqu’à la gouttière. Voir en contrebas deux dobermans grogner en montrant les dents. Attraper la gouttière de la main gauche. Finir foudroyé par le courant de 5000 volts la parcourant.

A…

124…
Il arriva lentement, jeta un oeil discret et aperçut au loin le vélo posé sur le mur. Il toussa pour attirer l’attention de l’homme. Il tira violemment le portail, lui coinçant la main qui portait l’arme. Il se contenta de l’assommer, ne prit le révolver, mais la clé. Il courut en direction du vélo, et glissa sur les marches humides. Il ne put empêcher sa tête de frapper violemment contre le sol.

A….

124…

Il courra, en poussant violemment le portail, il se précipitera vers l’homme, le poussera et le verra glisser sur les marches. Il longera prudemment le mur gauche en évitant de déraper. Rejoindra le vélo, voudra le prendre et s’apercevra qu’il a oublié la clé ! Trop tard l’homme se sera déjà relevé et pointera son arme vers lui.

« 124 ! T’es vraiment trop nul papa ! Passe-moi cette manette ! Moi, hier, j’ai fait 230, je vais te montrer ce qu’il fait faire ! Récupère les gants sur l’homme, ils sont isolants. Ensuite, saute vers la gouttière. Débarrasse-toi des dobermans en…
– Il est tard ! File te coucher maintenant, tu as école demain ! Et ne discute pas !  » L’adolescent quitte le salon à peine éclairé par l’écran de télévision en marmonnant. Le père soupire, essuie ses mains moites, prend une profonde respiration.

« Appuie sur le bouton « A » pour recommencer… »

124…

Photo © Julien Ribot.
Texte © Nimentrix.

Ce  texte est ma participation de la semaine à l’Atelier d’écriture de Bricabook : chaque semaine, Leiloona met en ligne une photo, et vous avez jusqu’au dimanche suivant pour vous laisser inspirer et rédiger un texte. 

N’hésitez pas à commenter le texte ci-dessous et à la partager s’il vous a plu :-).
Vous pouvez aussi lire mes autres participations à l’atelier.

Auteur : nimentrix

Explorateur d'imaginaires. Accro aux séries, la BD, la science-fiction, le fantastique, les comics et plein d'autres choses... Ecrit, un peu, beaucoup, passionnément, aussi ;-)

21 réflexions sur « 124, par tous les temps… »

  1. Jolie montée du suspens encore une fois ! Je ne savais pas où tu m’embarquais. .. j’ai pensé à « le livre dont vous êtes le héros !  » 😉 Là encore tu maintiens notre souffle je le lis en apnée pour comprendre où ton récit mène. A la fin toujours un sourire notamment avec cette belle relation père fils. J-aurais dû y penser aux jeux vidéos !
    Joliment croqué oui.

  2. Bonjour!
    Je réitère: vive les bonnes chutes! 😉
    Vraiment bien trouvé. La répétition interpelle, sans pour autant deviner ce dont il s’agit.
    Et c’est amusant à relire, une fois que l’on peut remettre le récit dans le bon contexte.
    Minsky

  3. Superbe chute dont je suis si amateur! Bravo! Je me suis demandé ce qu’était ce À! C’est une excellente idée, on se pose des questions, j’ai cru que le type réfléchissait au pied du portail, envisageait les scénarii possibles, et non! Encore embarqué et manipulé jusqu’à la chute, réussite!

  4. En te lisant, j’aimais beaucoup tes variations sur le même thème mais je me demandais bien où tu nous emmenais. Encore une fois, tu sais nous surprendre et ton idée est très originale. Bravo !

  5. Excellent le jeu video. Bravo, c’est bien mené, écrit avec talent. Je me suis laissé embarquer jusqu’à cette chute : une belle trouvaille. Merci

  6. J’adore ta variation geek qui parle en plus en filigrane de la génération qui arrive où père et fils joueront! Une super écriture qui immerge tout à fait dans ces univers-là.

  7. Nim, j’adore ! J’aime beaucoup aussi quand tu nous racontes une belle histoire comme ça, sans nous amener sur Mars 😉 Tu dévoiles une autre facette de ton écriture, de ce que tu nous laisses voir de ton univers, c’est doux et plein de tendresse ! Très chouette

  8. Dis donc tu te débrouilles vraiment bien dans des domaines où on ne t’attend pas forcément au vue de ta production de l’année dernière !!!…Je pense que ces textes plus courts et variés vont te permettre de t’amuser encore un certain temps avec nous dans l’atelier….On sent ton écriture ludique et plus légère…Ceci dit ce père de famille a encore des progrès à faire avant de flanquer la pâtée à son fils !!!!
    Très bonne idée à partir de la photo ….

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